Laboratoire ICAR (CNRS, Université Lyon 2, ENS de Lyon)

Colloque IMPEC 2020 > Conférenciers invités

 Palmyre Pierroux :

 P. Pierroux

Palmyre Pierroux est professeure au département d’Education à l’Université d’Olso, en Norvège. Elle dirige actuellement le projet Cultural Heritage Mediascapes, qui étudie comment les médias numériques transforment la connaissance et les pratiques de communication dans les musées et les archives. Pierroux a une formation interdisciplinaire et travaille fréquemment avec des méthodes basées sur le design ainsi que des partenariats de recherche-pratique dans l’art, le design, l’architecture et le patrimoine culturel.

https://www.uv.uio.no/iped/english/people/aca/palmyre/

Faire sens dans des environnements virtuels : expériences incorporées et multisensorielles dans les musées.

Dans les musées aujourd’hui, les interactions par écrans avec des contenus muséographiés font de plus en plus partie des environnements sémiotiques riches qui médiatisent la construction du sens pour les visiteurs. Un résultat de ce développement est l’introduction dans les espaces d’exposition de nouvelles modalités qui engagent des sens multiples et invitent à de nouveaux types de mouvements, gestes, discours et interactions sociales. Comment l’étude des interactions dans les nouveaux paysages médiatiques muséaux peut-elle contribuer à des appréhensions multisensorielles et incorporées de la construction du sens ? Dans cette conférence, je réfléchis à la manière dont cette question a été traitée dans nos recherches ces dix dernières années, et plus spécifiquement dans une récente Recherche Orientée par la Conception sur une exposition immersive dans un musée national d’architecture. Cette étude explore la manière dont les sens peuvent être augmentés dans un environnement virtuel pour « faire sens » de l’architecture. Cette expérimentation autour d’une exposition est le résultat d’une recherche collaborative interdisciplinaire université-musée, impliquant des partenaires avec un même intérêt pour la manière dont les technologies de Réalité Virtuelle peuvent donner lieu à une réelle expérience multisensorielle visuo-spatiale de l’architecture dans un contexte muséal.

 

Paul Bruce McIlvenny :

P. McIlvenny

Paul McIlvenny est professeur au département Culture and Learning à l’université d’Aalborg, au Danemark. Il est directeur de recherche au Centre for Discourses in Transition (C-DiT) et est co-fondateur de l’équipe BigSoftVideo qui développe des logiciels pour améliorer la recherche vidéo qualitative. Son intérêt actuel est la conception de technologies de visualisation immersives (XR) pour étudier la relation entre les mobilités, les corporéités, l’interaction sociale médiée et le discours dans des environnements complexes.

https://vbn.aau.dk/da/persons/106883/projects/

Faire ou ne pas faire écran ? Explorer la transplanarité, la volumétrie, l’hapticité et la virtualité pour la recherche qualitative basée sur les vidéos

L’interaction sociale se déroule principalement dans un monde volumétrique, mais la video 2D planocentrique (et l’audio en stéréo) peut inhiber nos efforts pour enregistrer et documenter la volumétrie tangible et les phénomènes haptiques. Ma présentation explore la manière dont les technologies immersives peuvent exploiter, souligner, encapsuler, sublimer, fractionner et contourner l’ « écran plat » dans la recherche qualitative basée sur la vidéo. La présentation sera illustrée d’exemples d’utilisation de logiciels de réalité virtuelle, tels que CAVA360VR et SQUIVE, destinés à l’analyse immersive qualitative au sein du paradigme de la « Big Video ».

 

Carey Jewitt :

C. Jewitt

Carey Jewitt est professeure de technologie et apprentissage à ULC Knowledge Lab, University College London, au Royaume Uni. Son travail explore comment l’utilisation des technologies numériques façonne la manière dont les personnes interagissent et communiquent, à travers le prisme de la multimodalité et de la sensorialité. Carey est impliquée dans le développement de la théorie et des méthodes multimodales, ainsi que dans l’innovation méthodologique à l’intersection des arts et des sciences sociales. Elle a mené de nombreux projets de recherche, la plupart avec un aspect interdisciplinaire, et son travail a été financé par ERC, ESRC, EPSRC et la British Academy. Carey dirige actuellement InTouch, un projet ERC Consolidator, interdisciplinaire, étudiant la sociabilité et la sensorialité des technologies tactiles numérique pour la communication. Elle publie dans les domaines de la multimodalité, de la technologie numérique et des méthodologies de recherche, et tout récemment « Interdisciplinary Insights for Digital Touch Communication » (2020), et est l’éditrice fondatrice du Visual Communication Journal (Sage).

https://www.ucl.ac.uk/ioe/people/academics/qa-professor-carey-jewitt

Expériences méthodologiques tactiles à travers les arts et les sciences sociales

Le toucher est notre sens premier, nous le développons in utero, et il est central à notre mode de connaissance et notre expérience de nous-même, des autres et du monde. Les développements technologiques dans le domaine haptique et dans celui de la communication sensorielle amènent le toucher de manière renouvelée sur le devant du paysage de la communication digitale. Toutefois, le toucher a été quelque peu négligé dans les études sur la communication, même au sein de la recherche sur la corporéité, le multimodal et le sensoriel, avec quelques exceptions notables. Dans ce contexte, nous avons besoin de mieux comprendre la sensorialité et la socialité du toucher et comment il en vient à être médié numériquement. En vue de cet objectif, nous avons besoin de méthodes ajustées à l’exploration de la dimension sensorielle et sociale du toucher. Avec une attention à l’accent de la conférence sur les méthodologies, sensorialités et sur le numérique, je discuterai de quelle manière le projet InTouch travaille à travers les arts et les sciences sociales pour développer des méthologies pour la recherche sur le toucher numérique. Je prendrai appui sur deux études de cas issues du projet, The Art of Touching, une collaboration avec des artistes interactifs numériques pour créer une exposition, et Thresholds of Touch, une expérimentation collaborative avec un artiste performeur numérique et artiste sonore, pour créer une performance interactive et un atelier exploratoire. A travers ces études de cas, je soulignerai le développement de méthodes allant au-delà du langage pour explorer le toucher à travers le toucher, et des méthodologies pour explorer les futurs du toucher digital au-delà de l’écran.

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