Laboratoire ICAR (CNRS, Université Lyon 2, ENS de Lyon)

Colloque IMPEC 2014 > Appel à communication

Ce colloque s’inscrit dans la lignée des travaux en sciences du langage initiés depuis 1995 par le Journal of Computer Mediated Communication dirigé par Susan Herring (USA) et en France par Jacques Anis avec son ouvrage en 1999, Internet, communication et langue française. 
Depuis cette période, les recherches en sciences du langage sur ces nouveaux corpus médiés par la technologie ont surtout porté sur leurs aspects exploitables dans des situations d’enseignement-apprentissage, si l’on en juge par le déséquilibre qui existe entre le nombre de colloques et de revues qui traitent des aspects éducatifs ou non.

L’objectif de ce colloque est de pallier le déficit d’occasions de débats scientifiques centrés sur les pratiques socio-relationnelles de la vie quotidienne. Il prend date du fait que de nouvelles approches apparaissent, davantage centrées sur l’écran que sur la technologie au sens large (Lancien, 2011).
 De façon récente, le paysage des communications numériques s’est en effet transformé et diversifié : c’est au travers de multiples écrans aux formats variés (téléphone mobile, tablette numérique, ordinateur, téléviseur) que s’effectuent des interactions de plus en plus multimodales. L’écran peut aussi être focus du regard du locuteur (en particulier dans des situations de travail en régie ou de video-surveillance) donnant ainsi lieu à des interactions complexes par et sur l’écran.

Le colloque interrogera les spécificités sémio-linguistiques et sociolinguistiques de même que les pratiques interactionnelles qui se déroulent par écran en tenant compte des contraintes techniques qui les configurent. C’est en effet à partir d’affordances (Gibson, 1979) propres à chaque outil de communication que ces pratiques s’exercent : par exemple, utiliser des abréviations pour écrire un texto, intégrer le décalage temporel dans une interaction par visioconférence poste à poste, adopter certaines stratégies scripturales pour écrire un tweet en 140 caractères, gérer les faces dans la rédaction d’un courriel multi-adressé.

Les travaux proposés pourront porter, sans exhaustivité, sur :

  • Les interactions pluri-locuteurs (2 ou plus) via différents outils de communication utilisés simultanément ; 
  • Les interactions hommes-machine ;
  • L’utilisation de différents régimes sémiotiques (gestes, écrit, oral, émoticônes...) induite par des outils 
complexes (cf. Skype) ;
  • L’identité numérique, sa co-construction, ses aspects ludiques, son décalage par rapport au réel («IRL», avatars, etc.)
  • Les spécificités des interactions en fonction de l’outil (par exemple, le choix de la ratification du destinataire 
sur FB ou dans les courriels), la construction et l’entretien de cadres de participation fragiles, asymétriques ou 
fragmentés (par exemple, interruptions techniques, ou multi-activité en visioconférence poste à poste) ;
  • Les renouvellements linguistiques (lexicaux, syntaxiques, morpho-syntaxiques) ;
  • Les difficultés d’appropriation et d’adaptation à un outil et les sources de complications interactionnelles qui 
peuvent en découler ;
  • Les régulations des interactions en ligne (modération, netiquette, résolution des conflits, politesse).

 Ces travaux pourront concerner les écrans utilisés dans les situations telles que : les jeux vidéo, la télévision, le cinéma ; ou l’utilisation d’outils mobiles comme le GPS, le téléphone/smartphone, la tablette, l’ordinateur, etc. ; et toute situation écranique.

Outre les sciences du langage, les chercheurs issus de disciplines telles que la sociologie, la psychologie, la philosophie, les sciences de l’information et de la communication, la géographie, l’informatique, les sciences politiques sont concernés de façon centrale par cette mise en commun des travaux scientifiques. 

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