Laboratoire ICAR (CNRS, Université Lyon 2, ENS de Lyon)

Colloque IMPEC 2016 > Conférencier(e)s invité(e)s

 

Christine DEVELOTTE & Richard KERN

 ENS de Lyon, France ;     UC Berkeley, États-Unis

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Christine Develotte est Professeur en Sciences du langage à l’ENS de Lyon-IFÉ. Ses recherches liant l’analyse du discours à la technologie l’ont d’abord amenée à développer un cadre d’analyse des discours multimédia et plus récemment à étudier les discours multimodaux en ligne. Elle a ainsi co-dirigé avec Richard Kern, et Marie-Noelle Lamy l’ouvrage Décrire la conversation en ligne  et avec Françoise Poyet, L’éducation à l’heure du numérique : état des lieux, enjeux et perspectives. La plupart de ses écrits relatifs à l’enseignement/apprentissage des langues par écran ont été tirés  du projet Le français en (première) ligne http://fle-1-ligne.u-grenoble3.fr/evolution.php. Depuis 2013, elle est responsable du groupe de recherche pluri-disciplinaire "Interactions Multimodales par Ecran" et anime, mensuellement, un séminaire éponyme à l’ENS de Lyon. http://impec.sciencesconf.org/resource/page/id/4. 

Richard Kern est professeur de français et directeur du Berkeley Language Center à l’Université de Californie, Berkeley.  Ses intérêts de recherche incluent l’acquisition des langues secondes/étrangères, la littératie, et les rapports entre le langage et la technologie.  Il vient de publier Language, Literacy, and Technology (Cambridge, 2015). Ses publications antérieures incluent Décrire la conversation en ligne, avec Christine Develotte et Marie-Noëlle Lamy (Éditions ENS, 2011), Literacy and Language Teaching (Oxford, 2000),  et Network-based language teaching avec Mark Warschauer (Cambridge, 2000).  Avec Christine Develotte il prépare un livre qui s’intitule Screens and Scenes: Visual Communication Online and Intercultural Encounters in a Globalized World.

Écrans et interactions: dimensions théoriques et pédagogiques / Screens and interactions: theoretical and pedagogical implications

Abstract: This presentation will focus on the relations between language and visual dimensions of online communication in order to refine our understanding of the notion of “online presence” and its relation to communicative and intercultural competence. Multimodality—and specifically video-mediation—adds particular kinds of complexity that are crucially important to understand, not only because video-based communication is becoming a mainstream medium for personal and professional communication worldwide, but also because it has interesting theoretical implications for how we think about communicative and intercultural competence. Our previous work (e.g., Develotte, Kern, & Lamy, 2011; Kern, 2015) has shown the mediational effects of technology and how technological platforms act as a social actor in such encounters. This presentation will explore specific ways that screens and computer networks play such a role in a range of online visual communication situations culled from case studies by researchers from Europe, the U.S., and Australia, and develop a set of principles to guide teachers’ use of multimodal technologies in language education.

Louise MERZEAU

Université Paris Ouest Nanterre La Défense, France

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Louise Merzeau est maître de conférences HDR en sciences de l’information et de la communication à l’université Paris Ouest Nanterre et directrice adjointe du laboratoire Dicen-IDF, où elle pilote l’axe « Traçabilité, mémoires et identités numériques ». Ses travaux portent sur les dispositifs mémoriels, les usages connectés, la présence numérique et les pratiques d’éditorialisation en ligne. Présidente du Conseil scientifique de l’Enssib, elle est également membre du Conseil scientifique de Wikimédia France et responsable scientifique des ateliers du dépôt légal du web à l’Ina. Codirectrice de la collection « Intelligences numériques » aux Presses universitaires de Paris Ouest, elle participe au comité de lecture de plusieurs revues (Médium, I2D, Intermédialités…) et est l’auteur de nombreux articles répertoriés sur son site merzeau.net 

Présence numérique : du mode d’existence transmédiatique

Résumé: Interrogeant les modes de construction relationnels aussi bien qu’informationnels des individus en réseau (en particulier sur le web), nous tenterons d’abord de montrer en quoi la présence est un concept opératoire, non seulement pour décrire l’écosystème numérique, mais aussi pour en critiquer certaines orientations ou interprétations, en l’opposant notamment à l’identité numérique. En passant par la notion d’environnement-support, nous proposerons ensuite de dépasser la focalisation sur l’écran en développant l’idée d’un mode d’existence transmédiatique. Enfin, nous proposerons d’analyser la présence comme une pratique d’éditorialisation, en insistant sur le rôle matriciel du profil.

Abstract: Examining how the connected individuals (particularly on the web) build themselves, by relationship or information, we first try to show how the presence is an operational concept, not only to describe the digital ecosystem, but also to criticize some interpretations, in particular by an opposition with digital identity. Through the concept of media-environment, we then propose to go beyond the focus on screen, by developing the idea of a transmedia mode of existence. Finally, we propose to analyze the presence as a practice of editorialization, emphasizing the role of the profile as matrix.

Nicolas NOVA

HEAD-Genève, Suisse

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Crédits photo: Matt Cottam

Nicolas Nova est professeur à la Haute-Ecole d'Art et de Design (HEAD – Genève) et co-fondateur du Near Future Laboratory, une agence de prospective et d’innovation. Auteur de « Beyond Design Ethnography » et « Futurs? La panne des imaginaires technologiques », il enseigne l’ethnographie, l'histoire des cultures numériques et la recherche en design. Son parcours hybride entre sciences sociales et arts appliqués dans le champ du numérique l’amène à travailler des projets de recherche au croisement des démarches ethnographiques et de design

Curious Rituals: Gestural Interaction in the Digital Everyday

Résumé: La prolifération des usages des smartphones, en à peine une décennie, se traduit par une omniprésence des écrans interactifs dans la vie de tous les jours. À tel point qu’une partie de nos gestes quotidiens semblent suggérés, imposés ou codifiés par le terminal tenu dans nos mains. C’est par exemple le cas du répertoire de manipulations à réaliser sur l’écran – du scrolling au mouvement du doigt employé par les utilisateurs d’une application telle que Tinder – du selfie, ou des multiples manières de garder le téléphone à "portée de vue" par des usagers à l’affut du moindre message. Sur la base d’une ethnographie visuelle des usages du smartphone, cette intervention abordera les questions suivantes : qu’est-ce qui mène à cette gestualité ? Quelle est la part imposée par la technologie ? En quoi la compréhension de ces logiques d’action nous renseigne-t-elle sur les usages des objets techniques ?

Marie-Anne PAVEAU

Université Paris 13, France 

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Quand dire c'est relier. Affiliation et relationalité dans les discours natifs du web

Marie-Anne Paveau, professeure en sciences du langage à l¹université de Paris 13 et membre de l¹équipe Pléiade, travaille en théorie du discours avec une approche transdisciplinaire. Elle développe une analyse du discours qui intègre les environnements, en particulier d'ordre technologique et corporel, à la production du discours dans une perspective postdualiste et écologique. Ses axes de recherche actuels sont l'analyse du discours numérique, à partir de corpus natifs du web, les discours liés aux femmes, au sexe et au corps, ainsi que l'histoire et l'épistémologie des théories texte-discours.

Résumé: L’analyse du discours, fondée sur l’observation d’énoncés aux formes et formats stabilisés, est singulièrement interpellée par les discours natifs de l’internet ou technodiscours, en particulier dans le cadre du web 2.0. Ils reposent en effet sur la présence connectée de l’internaute à l’origine de l’existence matérielle du discours lui-même, de son format éditorial, et de bon nombre des dispositifs discursifs qui l’élaborent. Les technodiscours sont en effet structurellement relationnels, leurs formes et formats langagiers-discursifs dépendant du lien que l’internaute entretient avec les autres éléments de l’environnement technodiscursif et de la manière dont les technodiscours sont affiliés les uns aux autres. En ligne, tout discours est un lien, du fait de l’hypertextualité, mais aussi des procédures de redocumentation et de production algorithmique, et de la contextualisation technorelationnelle qui rend, sur les RSN notamment, toute page intrinsèquement subjective dans son élaboration discursive. On montrera dans cette intervention que l’analyse du discours, ne pouvant plus appliquer aux corpus natifs du web des théories et méthodologies prénumériques, est mise au défi de renouveler ses cadres épistémologiques et ses procédures d’analyse.

Personnes connectées : 1